29/04/2026
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TRADITION/FÊTE DE LA RICHESSE À KPASS À DABOU : DEUX MEMBRES DE LA FAMILLE BADILAEL DEVIENNENT NOBLES

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Le village de Kpass, situé à environ 2 km de Dabou (à plus de 47 km au nord d’Abidjan), a vécu un samedi mémorable marqué par l’élévation de deux de ses fils au rang de noble. Loin de la simple « fête de la richesse », cette cérémonie,

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Le village de Kpass, situé à environ 2 km de Dabou (à plus de 47 km au nord d’Abidjan), a vécu un samedi mémorable marqué par l’élévation de deux de ses fils au rang de noble. Loin de la simple « fête de la richesse », cette cérémonie, appelée Angbandji, a été un moment solennel de reconnaissance et de restitution envers la communauté.

 

Abidjan, 3 novembre 2025 – C’est sous un soleil radieux que Kpass a célébré, le samedi dernier, une cérémonie ancestrale profondément enracinée dans les traditions adioukrou : l’Angbandji. Pour les deux récipiendaires, que sont Djako Beugré Philippe et Lath Lasme Corneil, de la prestigieuse famille Kock Laèl , ce fut le couronnement d’un parcours de vie, un passage de « simple citoyen à la caste des Nobles », comme l’a si bien défini le maître de cérémonie, Gnagne Valentin.

 

Intervenant pour corriger un abus de langage répandu, M. Gnagne a tenu à préciser la philosophie de l’événement : « En réalité, la culture africaine voudrait que l’individu qui a été éduqué par la communauté et éclos, vienne, en retour, exprimer sa reconnaissance auprès de la société qui l’a vu naître et grandir. » Une leçon de civisme et de gratitude qui a donné tout son sens aux festivités.

 

Pour accueillir cet événement d’importance, Kpass s’était paré de ses plus beaux atouts. La longue voie centrale du village, nettoyée et embellie, offrait un cadre majestueux. L’affluence était telle que les six bâches installées en longueur n’ont pas suffi à abriter tous les notables et invités venus des environs. L’élégance était de mise : tenues en pagne de riche qualité, symboles d’un statut social élevé, et coiffures féminines agrémentées de perles en or scellaient l’aspect solennel de la journée.

 

L’ambiance était électrique, portée par les tonnerres rythmés des tam-tams, dominés par la voix majestueuse du tambour parleur, le Souamnin Kotoko. Au centre de cette effervescence, les deux célébrés, assis sur des fauteuils richement décorés, incarnaient la sérénité et la prestance. Tenant des cannes en or et vêtus de tenues affriolantes multicolores, la tête ceinte de coiffes ornées d’or et les pieds chaussés d’abodjé (chaussure de fabrication locale ivoirienne), ils étaient entourés d’une famille attentive, entre danse et ajustements minutieux de leurs parures.

 

La générosité coulait à flots. Boissons et pièces de monnaie circulaient de main en main ou étaient jetées au pied des chefs de famille, tandis que les conversations, les salutations et les promesses de soutien mutuel créaient une chaleureuse atmosphère de communion. Vers 15h30, un moment de transition s’est opéré. Les deux nouveaux nobles se sont levés et, escortés par leur famille, ont pris le chemin de leur demeure sur un dernier roulement des tam-tams. La tradition a alors cédé la place à la modernité, laissant un disc-jockey distiller des airs mondains pour prolonger la liesse.

 

Pour Justin Dodo Aby, responsable de l’équipe des tambourineurs, la « fête fut belle ». Un sentiment sans doute partagé par tous, qui nourrissent déjà l’espoir de se retrouver en pleine santé pour célébrer, dans deux ans, l’Ebeb, prévu en décembre 2027. Une preuve que le riche tissu culturel de Kpass et de sa région reste bien vivant.

 

MÉITÉ Aboubakar

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