23/07/2026
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CÔTE D’IVOIRE/DEUX ANS APRÈS LE DÉGUERPISSEMENT DES HABITANTS DE GESCO : LES VICTIMES ASSIGNENT LE DISTRICT D’ABIDJAN EN JUSTICE JEUDI À YOPOUGON

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victimes

Les victimes en compagnie de Mme Rose Koné, 4è à partir de la droite

A 48 heures de l’audience au Tribunal de Première Instance de Yopougon, à Abidjan, le Collectif des victimes des déguerpissements du quartier Gesco de Yopougon a annoncé qu’il a assigné le District autonome d’Abidjan en Justice dont l’audience a lieu, le jeudi 25 juin 2026. Le Collectif souhaite ardemment que le droit soit dit parce qu’il estime que les 200 concessions privées appartenant aux citoyens ont été démolies. Et que les victimes sont victimes d’injustice sans dédommagement. Le préjudice humain, matériel et financier au dire du Collectif est énorme. L’information a été donnée, par le porte-parole du Collectif des victimes, Mme Rose Koné, mardi 23 juin, au collège La Grâce, au quartier Gesco à Yopougon, lors d’une conférence de presse en présence de quelques victimes qui ont pu effectuer le déplacement dans leur état de déprime, le 28 janvier 2024. Le déguerpissement concerne les habitations, les écoles et bien d’autres choses sur 500 mètres de largeur et environ deux kilomètres de long à l’entrée d’Abidjan sur l’autoroute du nord, à Gesco. Le déguerpissement concerne les cités Éden, Pays-Bas et des sous-quartiers de Gesco à Yopougon.

 

« Nous croyons que le droit sera dit en notre faveur. Nous croyons que le Tribunal de Yopougon, lors de l’audience du 25 juin 2026, franchira un pas décisif vers la reconnaissance de notre bon droit. Et nous croyons que l’opinion publique nationale et internationale, que vous représentez en ce jour, constitue une vigie précieuse dont la vigilance contribue à maintenir les institutions dans le droit chemin », a plaidé Mme Rose Koné. Et de poursuivre: « Nous formulons un appel solennel à toutes les organisations de défense des droits humains, à la presse libre, aux associations de la société civile et à toutes les sensibilités politiques de ce pays : votre soutien, votre relais et votre solidarité nous sont indispensables. La cause que nous portons n’est pas seulement la nôtre. Elle est celle de tout citoyen qui, un jour, pourrait se trouver exposé à l’arbitraire d’une institution censée le protéger ».

Les leaders des victimes lors de la conférence

Mme Rose Koné est d’autant plus meurtrie que les promesses du Maire de la commune de Yopougon, en dépit de ses engagements initiaux solennels et rassurants, n’a produit aucun résultat tangible. « Les promesses d’indemnisation se sont évanouies. Pire encore, l’action du ministère de tutelle s’est cantonnée au versement d’une allocation unique et dérisoire de 250 000 francs CFA par famille. Comment une telle somme, dérisoire, au regard du préjudice subi, pourrait-elle compenser la perte d’un patrimoine immobilier bâti sur plusieurs décennies à plusieurs millions ? Aucune promesse de relogement ou de juste réparation n’a vu son aboutissement », a déploré le porte-parole du Collectif des victimes. C’est la raison pour laquelle Rose Koné a révélé que le District autonome d’Abidjan a été traduit en Justice en Première Instance à Yopougon.

 

Mme Rose Koné est d’autant plus peinée que les déguerpissements ont été faits par le District autonome d’Abidjan sans notification préalable ni mise en demeure adressée aux propriétaires des cours. “En agissant au mépris des règles procédurales les plus élémentaires, l’autorité administrative a violé le sanctuaire de nos vies et bafoué nos droits légitimes de propriété”, a-t-elle dénoncé. Pire, c’est le 2 février 2024 que le District d’Abidjan, a regretté Mme Rose Koné a adressé une mise en demeure aux habitants qui ont été déjà déguerpis.

 

Pour le porte-parole du Collectif des victimes des installations ne relevaient aucunement de l’anarchie ou de l’occupation illégale de zones à risques. « Nous étions établis sur des sites approuvés par l’État de Côte d’Ivoire, nombre d’entre nous détenant des Arrêtés de Concession Définitive (ACD) en bonne et due forme, tandis que d’autres voyaient leurs procédures d’immatriculation administrative légitimement engagées sur ces différents lots », a-t-elle rappelé. Mme Rose Koné dit qu’elle ne comprend pas pourquoi le District d’Abidjan demande aux victimes de prouver que les démolitions des biens sont de son initiative.

 

Le président du Collectif de Yopougon Gesco, Marcellin Goro Gbanan a révélé que les victimes du déguerpissement n’ont pas été recensées. Il a indiqué que le quartier de Gesco a été restructuré après la construction de l’autoroute du nord. Dans ces conditions il dit ne pas comprendre pourquoi le quartier a été rasé. Il déplore la dislocation des familles à cause du déguerpissement. Pour lui, l’Etat ivoirien doit réinstaller les victimes sur leurs sites.

 

Olivia Durand

 

Préjudice matériel et humain du déguerpissement

Le préjudice matériel causé par cette opération punitive est abyssal et se décline en des réalités déchirantes :

La Cité immobilière « Cité Éden » : Ce projet d’une vie, symbole d’un investissement lourd et d’une sécurité résidentielle acquise, a été cruellement démolie à moitié.

Un Établissement scolaire sacrifié : Un collège de la place, encadrant et assurant l’instruction de plus de 1 000 élèves, a été mis à terre, brisant net des destins scolaires et plongeant la jeunesse de notre quartier dans le désarroi à la veille des examens.

Le tissu résidentiel de Gesco pulvérisé : Plus de 200 concessions privées appartenant à d’honnêtes citoyens ont été réduites en un amas de gravats.

Au-delà de ces pertes matérielles chiffrées en centaines de millions de francs CFA, c’est le bilan humanitaire qui s’avère le plus effroyable. Le traumatisme lié à cette expulsion manu militari a provoqué une dégradation brutale de la santé des plus vulnérables. À ce jour, nous déplorons avec une profonde affliction trois (03) décès tragiques parmi nos membres, ainsi que la prolifération de cas de maladies chroniques chez les adultes comme chez les enfants, nés de la précarité extrême à laquelle nous sommes désormais condamnés. Face à la cherté de la vie qui sévit à Abidjan, se nourrir, se loger décemment et se soigner relève aujourd’hui du miracle quotidien pour notre collectif composé en grande partie de retraités.

 

Olivia Durand

 

CHRONOLOGIE DES DÉGUERPISSEMENTS ET DE LEURS CONSÉQUENCES

Période / Repère

Temporel

Description des Faits et Destructions Conséquences Majeures Constatées
Février 2024 Destruction immédiate du

4 / 5

4 / 5

4 / 5

(Lancement des opérations à Gesco) Entrée en action des bulldozers du District d’Abidjan sans mise en demeure préalable. Démolition de concessions privées bâties sur des lots approuvés par l’État. cadre de vie d’honnêtes citoyens ; perte d’effets personnels et mobilier sous les décombres.
Fin Février 2024

(Sacrifice de l’appareil éducatif)

Démolition intégrale d’un collège de premier et second cycles au cœur du quartier Gesco. Interruption brutale de la scolarité de plus de 1 000 élèves ; traumatisme psychologique des enfants et précarisation de leur avenir académique.
Mars 2024

(Atteinte aux cités immobilières)

Destruction à moitié de la Cité immobilière privée « Cité Éden » et des habitations des Pays-Bas, malgré la détention de titres de propriété (ACD). Annihilation des investissements de toute une vie pour des acquéreurs en majorité retraités ; début d’une crise de logement aiguë.
Années 2024 – 2026

(Période post-démolition)

Silence des institutions (District, Mairie,

Ministère) après l’octroi d’une aide dérisoire de 250 000 FCFA. Absence totale de relogement ou d’indemnisation.

Paupérisation extrême du collectif ; enregistrement de trois (03) décès imputables au stress et au manque de soins ; multiplication des cas de détresse sanitaire.
Période / Repère

Temporel

Description des Faits et Destructions Conséquences Majeures Constatées
Avril – Juin 2026

(Phase judiciaire actuelle)

Audiences successives des 16 avril, 4 mai, 21 mai 2026. Constat de démarchages abusifs au greffe et de déni des casses par l’avocat du District. Saisine ferme des tribunaux ; attente cruciale de la délibération fixée à l’audience du jeudi 25 juin 2026.

 

 

 

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