22/10/2026
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CÔTE D’IVOIRE/AFFAIRE DE 34,645 MILLIARDS FCFA : LE SYNAFECI INTERPELLE LE MINISTRE DES FINANCES ET EXIGE DES ÉCLAIRCISSEMENTS DEVANT LA NATION

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synafeci gre

Faustin GRE, au milieu en veste, président du Syndicat national des fournisseurs de l'État de Côte d'Ivoire (SYNAFECI)

Dans une lettre ouverte référencée 407/2026/10/1/GE-JC/FG en date du 1er octobre 2026, le Syndicat national des fournisseurs de l’État de Côte d’Ivoire (SYNAFECI) demande au ministre de l’Économie, des Finances et du Budget de s’expliquer publiquement sur une somme de 34.645.149.994 FCFA liée, selon lui, à des établissements scolaires chrétiens.

 

Abidjan, 4 octobre 2026 – Le Syndicat national des fournisseurs de l’État de Côte d’Ivoire (SYNAFECI) monte au créneau. Par une lettre ouverte adressée au ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, l’organisation patronale sollicite « une audience ainsi que votre intervention publique afin d’apporter des éclaircissements à la nation toute entière sur une affaire portant sur la somme de 34.645.149.994 FCFA, relative à des établissements scolaires chrétiens ».

 

Le courrier s’inscrit dans le cadre de la concertation entre le Gouvernement ivoirien et le SYNAFECI, initiée par le Chef de l’État en janvier 2024. Selon le syndicat, c’est à l’issue d’« au moins trois (3) séances de travail » tenues en janvier et février 2024, avec une forte délégation du SYNAFECI, des représentants du Trésor public et de la Direction générale des Impôts (DGI), sous la supervision du directeur de cabinet adjoint, Monsieur Vassogbo Bamba, que l’organisation a soumis au Gouvernement, par le canal du ministère, « des préoccupations financières d’un montant de 39.048.705.069 FCFA à faire payer, ainsi que des préoccupations fiscales et autres questions appelant des solutions ».

 

À ce jour, déplore le SYNAFECI, « aucune solution officielle n’a été constatée concernant l’ensemble de ces préoccupations ». L’organisation cite notamment « la communication de la liste détaillée des prétendus paiements de factures, les préoccupations fiscales, la lourdeur administrative, la mise en œuvre du processus de bonne gouvernance, le reversement d’une partie de la taxe spéciale d’équipement (TSE), la mise à disposition d’un palier du bâtiment abritant le siège de la CGECI, construit par la DGI avec des fonds publics, ainsi que les questions relatives à l’impunité et à l’escroquerie ».

 

« Plus grave encore, aucun détail n’aurait, à ce jour, été communiqué sur le prétendu paiement de 997.001.250 FCFA concernant un établissement scolaire, ainsi que sur la somme de 34.645.149.994 FCFA que le SYNAFECI affirme être liée à des établissements scolaires chrétiens », poursuit la lettre. Le Trésor public n’aurait « jamais communiqué d’informations précises sur la destination de cette somme ». Le SYNAFECI estime en outre que « des propos déplacés, peu élégants et non professionnels » auraient été tenus à l’endroit de son président national, Monsieur Faustin Gré, par l’intermédiaire du représentant du ministre, Monsieur Dogoba Bakayoko, PGSGAP au Trésor public.

 

Le syndicat affirme avoir adressé plusieurs courriers au ministre, sans obtenir de réponse officielle. « Alors que nous demeurions dans l’attente d’une réaction de votre part à l’ensemble de nos demandes, un nouvel élément, particulièrement préoccupant, est apparu », indique la lettre.

 

Selon le récit du SYNAFECI, après « plusieurs courriels, SMS et appels téléphoniques insistants », un certain Monsieur Zahui a été reçu le vendredi 25 septembre 2026, à Abidjan, aux environs de 16 h 10 jusqu’à un peu après 18 h 30, par le président national, Monsieur Faustin Gré, et un consultant bénévole du SYNAFECI, Monsieur Antoine G.

 

Au cours de cette rencontre, Monsieur Zahui aurait communiqué « des informations qu’il a présentées comme étant particulièrement graves, en citant notamment des noms, dont celui du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget ». Il aurait également présenté « des photographies, des courriers, dont un document signé par le DGA du Trésor public, Monsieur Beugré Koffi Amos, qui aurait été établi sur instruction du ministre, ainsi qu’un mandat, des bordereaux de transmission de mandats et des photographies prises avec diverses personnalités ».

 

Le SYNAFECI dit avoir pris acte de ces informations, évoquant « l’existence d’un vaste réseau autour de la somme de 34.645.149.994 FCFA », tout en choisissant de rester discret, « sans toutefois disposer nous-mêmes de l’ensemble des éléments de preuve, Monsieur Zahui étant reparti avec les documents qu’il avait présentés ».

 

Mais, contre toute attente, le mercredi 30 septembre 2026, le président national du SYNAFECI a reçu certains documents transmis par Monsieur Zahui. Celui-ci aurait également affirmé que le ministre aurait « dépêché auprès de lui un Secrétaire d’État aux Affaires étrangères, présenté comme un envoyé spécial, afin de lui signifier que vous seriez prêt à rembourser les 34.645.149.994 FCFA ». Selon Monsieur Zahui, « les bénéficiaires ne souhaiteraient toutefois plus recevoir cette somme et auraient indiqué que la créance n’existerait pas ».

 

Face à ces révélations « qui restent à vérifier », le SYNAFECI interpelle directement le ministre et formule une série de questions :

  • Pourquoi ne recevez-vous pas le SYNAFECI à votre Cabinet à la suite des séances de travail de janvier et février 2024 ?
  • Pourquoi vos collaborateurs du Trésor public ne communiquent-ils pas la liste détaillée des prétendus paiements ?

 

Et si les affirmations de Monsieur Zahui s’avéraient exactes :

  • Pourquoi collaboreriez-vous avec Monsieur Zahui, dont le mandat serait expiré, plutôt qu’avec le SYNAFECI, qui a officiellement soumis cette créance de 34.645.149.994 FCFA au Gouvernement ?
  • Pourquoi les bénéficiaires pourraient-ils refuser le règlement de la créance de 34.645.149.994 FCFA qui serait effectué par vos services ?
  • Si cette créance était fausse, qui aurait intérêt à établir de fausses factures afin de détourner la somme de 34.645.149.994 FCFA provenant des deniers publics de l’État ?
  • Pourquoi vos collaborateurs auraient-ils procédé au paiement de cette somme s’il s’agissait de fausses factures ?

 

Le SYNAFECI affirme par ailleurs que, « selon des informations en notre possession, le Président du REC aurait également été menacé, de même que certains fournisseurs de l’État ».

 

En conclusion, l’organisation patronale réitère sa demande : « Nous souhaiterions que vous apportiez à toute la nation les éclaircissements nécessaires sur cette affaire portant sur la somme de 34.645.149.994 FCFA, qui, selon les éléments portés à notre connaissance, aurait été prélevée sur les caisses de l’État. »

 

Sollicitée, aucune réaction officielle du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget n’était disponible au moment de la rédaction de cet article. L’affaire, qui met en cause la gestion de fonds publics et l’image de la Côte d’Ivoire, promet de nourrir le débat dans les jours à venir.

 

MÉITÉ Aboubakar

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