CÔTE D’IVOIRE/MAHOULOUD 2026 : OUSMANE DIAKITÉ LANCE UN APPEL À LA SOLIDARITÉ POUR SAUVER 50 ENFANTS CARDIAQUES
Ousmane Diakité et les autorités posent pour la postérité
Abidjan, 25 aout 2026 – C’était une nuit particulière, celle du lundi 24 au mardi 25 août 2026, à la grande mosquée de la Riviera Golf, dans la commune de Cocody. Devant une assemblée nombreuse, Ousmane Diakité, le président du Conseil supérieur des imams et des affaires islamiques de Côte d’Ivoire (Cosim), a profité de la célébration du Maouloud pour interpeller les cœurs et les consciences. Son message, on l’aura compris, était avant tout un appel à la générosité.
Il a insisté sur un point très concret, les enfants malades du cœur, actuellement pris en charge à l’Institut de cardiologie du CHU de Treichville. Ils sont une cinquantaine, exactement, à avoir besoin d’une aide financière pour poursuivre leurs soins. Et Ousmane Diakité de rappeler, chiffre à l’appui, que le coût des soins pour un enfant s’élève à 5,5 millions de FCFA. Un montant qui, pour beaucoup de familles, reste malheureusement inaccessible.
Alors, le président du Cosim a interpellé directement les musulmans qui ont les moyens, qu’il s’agisse de ressources financières ou matérielles. « Ouvrons nos cœurs et nos mains pour sauver des cœurs d’enfants malades », a-t-il lancé, avec une émotion visible. Et d’ajouter que sauver un enfant, c’est en réalité sauver l’avenir du pays, parce que la Côte d’Ivoire de demain se construit sur la jeunesse d’aujourd’hui.

Pour ceux qui souhaiteraient participer à cette chaîne de solidarité, Ousmane Diakité a donné une piste claire, il suffit de contacter le Professeur Fatoumata Traoré, qui travaille justement à l’Institut de cardiologie. C’est simple, direct, et ça évite les intermédiaires.
Mais pourquoi ce geste est-il si étroitement lié au Maouloud ? Le président du Cosim l’a expliqué avec ses mots. Cette célébration, qui commémore la naissance du Prophète Mohammed, est aussi un moment pour se rappeler que celui-ci a été envoyé comme une miséricorde pour l’humanité. Et quelle meilleure manière d’honorer cet enseignement que de poser des actes concrets de fraternité ? D’ailleurs, il a rappelé que la zakat, qui est l’un des piliers de l’Islam, n’est pas une simple suggestion, c’est une aumône obligatoire pour ceux qui en ont la capacité. Il a donc invité les fidèles à se rapprocher de leurs imams pour s’acquitter de ce devoir, dans un esprit de purification et de partage.
Mais la soirée ne s’est pas arrêtée à cette question de santé. Ousmane Diakité a également évoqué un sujet qui lui tient visiblement à cœur, même si ses propos étaient teintés d’une certaine tristesse, l’orpaillage illégal. Il a dénoncé avec vigueur ce qu’il appelle un « fléau sauvage » qui, selon lui, menace les cours d’eau et les terres agricoles du pays. « Si l’on n’y prend garde, cela pourrait mettre en danger notre existence même », a-t-il prévenu. Dans les villages et les régions, tout le monde sait que cette pratique existe, elle n’a même plus rien de clandestin. Alors, plutôt que de fermer les yeux, il a proposé aux autorités une approche combinée : des mesures fermes, certes, mais aussi une large campagne de sensibilisation. Et il a assuré que la communauté musulmane, à travers ses imams, était prête à jouer un rôle actif dans cette sensibilisation.

Parmi les personnalités présentes, on notait la présence du vice-président Tiémoko Meyliet Koné, qui représentait le chef de l’État Alassane Ouattara. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général Vagondo Diomandé, était aussi là, ainsi que le vice-premier ministre Téné Brahiman, et d’autres membres du gouvernement, sans oublier quelques ambassadeurs accrédités.
Le général Vagondo Diomandé, qui a pris la parole au nom du président, a invité les musulmans à s’inspirer des valeurs de fraternité et de solidarité prônées par Mahomet. Des valeurs qui, a-t-il souligné, sont aussi celles qui guident le projet de société d’Alassane Ouattara. Il a d’ailleurs salué l’effort de l’État, qui a permis à près de 10 000 pèlerins (9985 pour être précis) d’effectuer le Hadj cette année. Le ministre a aussi lancé un appel aux responsables religieux, toutes confessions confondues, pour qu’ils fassent preuve de sagesse et de responsabilité, notamment sur les réseaux sociaux. Parce que la parole divine, a-t-il rappelé, doit être un ciment, pas un outil de division. Aux plus jeunes, il a demandé de choisir la paix plutôt que les discours de haine, et de se concentrer sur les vrais défis, l’éducation, la formation et l’unité.
Pour finir, un geste symbolique a été posé. Le général Vagondo Diomandé a remis un chèque de 5 millions de FCFA aux organisateurs de la soirée, en guise de soutien.
Le thème de cette nuit du Mahouloud, « Une opportunité pour le renforcement de la fraternité et de la solidarité », a été développé par l’imam Mamadou Sanogo, qui est aussi journaliste. Il a passé en revue les obstacles qui, aujourd’hui, fragilisent ces liens, nommément cités tels que l’individualisme, les tensions identitaires, la méfiance qui s’installe même au sein des familles. Autant de murs qui, selon lui, entravent l’entraide au quotidien. Sa conclusion ? La solution est dans le rappel des préceptes divins, et dans la mise en pratique d’une zakat sincère et régulière. Un message qui, au fond, faisait écho à celui d’Ousmane Diakité, « pour que la solidarité ne reste pas un mot, il faut qu’elle devienne un acte. »
MÉITÉ Aboubakar