22/10/2026
Accueil » Articles » CÔTE D’IVOIRE/PREMIÈRES JOURNÉES FONCIÈRES D’ABIDJAN : LA CÔTE D’IVOIRE, LE SÉNÉGAL ET LA MAURITANIE CROISENT LEURS EXPÉRIENCES

CÔTE D’IVOIRE/PREMIÈRES JOURNÉES FONCIÈRES D’ABIDJAN : LA CÔTE D’IVOIRE, LE SÉNÉGAL ET LA MAURITANIE CROISENT LEURS EXPÉRIENCES

0
ronde1

La Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Mauritanie veulent renforcer leur coopération autour de la gouvernance foncière. Réunis mardi 6 octobre au Parc des Expositions d’Abidjan, en marge des Journées foncières d’Abidjan (JFA), les ministres et représentants des trois pays ont confronté leurs expériences sur le thème « Gouvernance foncière et développement durable en Afrique ».

 

Les échanges ont porté sur plusieurs enjeux majeurs : la sécurisation des droits fonciers, la prévention des conflits, le financement des réformes et la capacité des États à faire du foncier un véritable levier d’investissement et de croissance.

Bruno Koné, ministre de l’Agriculture de Côte d’Ivoire, a beaucoup de défis à relever

Pour le ministre ivoirien de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, l’heure est à l’accélération des réformes et au renforcement de la coopération entre les pays africains. « Nous ne gagnerons rien à vouloir chacun réinventer la roue », a-t-il déclaré, appelant les États à mutualiser leurs outils, leurs méthodes et leurs expériences afin d’aller « plus vite et plus loin ».

 

Cette mise en commun apparaît d’autant plus nécessaire que les pays africains sont confrontés à des problématiques foncières largement similaires. En Côte d’Ivoire, a souligné le ministre, la maîtrise et la sécurisation des terres constituent « des piliers fondamentaux pour encourager l’investissement agricole, réduire la pauvreté, prévenir les conflits et garantir la cohésion sociale et la souveraineté territoriale ».

 

Le foncier, un enjeu stratégique de développement

 

Au Sénégal, la question foncière est également au cœur des politiques de développement. Alain Diouf, ministre auprès du Président de la République, chargé du Suivi-évaluation de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, a estimé qu’une réforme foncière ne saurait être évaluée au seul regard du nombre de titres délivrés ou de droits formalisés.

 

Dans un pays où 60 à 70 % de la population dépend directement des activités agricoles, le foncier constitue une ressource stratégique. Pourtant, cette dimension reste encore insuffisamment prise en compte dans les politiques publiques de développement, selon le responsable sénégalais.

Il a également mis en évidence plusieurs difficultés partagées par de nombreux États africains : le pluralisme juridique, la fragmentation des institutions, la fracture numérique et la faible valorisation économique du foncier.

 

Ces obstacles limitent l’efficacité des réformes et compliquent la sécurisation des droits des populations, notamment dans les zones rurales où les systèmes coutumiers et les dispositifs administratifs continuent parfois de se superposer.

 

En Mauritanie, la nécessité de clarifier les responsabilités

 

La Mauritanie fait face à des défis similaires. Mamoudou Mamadou Niang, ministre des Domaines, du Patrimoine de l’État et de la Réforme foncière, a relevé les nombreuses convergences entre les situations de son pays, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal.

 

Il a notamment évoqué la dispersion des compétences entre plusieurs administrations comme l’un des principaux obstacles rencontrés par la Mauritanie. « L’un des principaux obstacles identifiés en Mauritanie était la dispersion des compétences entre plusieurs administrations », a-t-il indiqué.

 

Pour le ministre mauritanien, la réussite des réformes passe également par une meilleure information des populations. Les citoyens doivent connaître leurs droits, mais aussi les procédures à suivre pour les faire reconnaître et les protéger.

 

Cette sensibilisation constitue un enjeu majeur. La méconnaissance des règles et des procédures peut en effet alimenter les conflits fonciers, fragiliser les investissements et accentuer l’insécurité juridique.

 

Vers une coopération renforcée

 

Au-delà des différences de contexte, les échanges d’Abidjan ont ainsi mis en évidence des défis communs aux trois pays : sécuriser les droits, améliorer la coordination des administrations, moderniser les outils de gestion et renforcer l’information des citoyens.

 

La coopération régionale apparaît dès lors comme un moyen d’accélérer les réformes et d’éviter que chaque État ne tente, isolément, de répondre aux mêmes difficultés. Pour les participants, le partage des expériences et des solutions pourrait contribuer à faire du foncier non plus une source de conflits et d’incertitudes, mais un véritable instrument de développement durable, d’investissement et de cohésion sociale en Afrique.

 

Salifou Koné

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *