CÔTE D’IVOIRE/SOUTENANCE DE THÈSE À BINGERVILLE : LES FAKE NEWS POLITIQUES AU CŒUR D’UNE RECHERCHE NOVATRICE
Abidjan, 18 juin 2026 – Ce mercredi 17 juin 2026 restera gravé comme un jour mémorable à l’École doctorale de Bingerville. Le pavillon amphithéâtre a été le théâtre d’un événement académique de premier plan : la brillante soutenance de thèse de Tiékoura Bi Kié Hugues. Ses recherches, d’une actualité brûlante et d’une importance capitale, portaient sur « Les fake news dans l’information politique et leur réception auprès de la population ivoirienne ».
Devant un collège d’experts universitaires, le jeune chercheur a présenté et défendu avec talent un travail de longue haleine, accueilli par des éloges unanimes et couronné par la plus haute distinction : la mention très honorable.

Pour évaluer cette contribution scientifique, un jury de haut calibre s’était réuni, présidé par le Professeur Koné Tahirou, une figure respectée de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké. À ses côtés, on retrouvait des sommités du monde universitaire le Professeur Atchoua N’Guessan Julien, titulaire à l’UFR Sciences de l’Information et de la Communication (SIC) de l’Université Félix Houphouët-Boigny, qui avait également accompagné le travail du candidat en tant qu’encadreur, le Docteur Bogui Jean Jacques, Maître de conférences au SIC, le Professeur Goa Kacou (SIC), qui a gentiment remplacé Koffi Hammanys Broux de Ismael, Maître de conférences au SIC, absent ce jour-là et la Docteure Marième Pollèle Ndiaye, cheffe de laboratoire à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal), dont la participation a enrichi les échanges grâce à la visioconférence.
Dans un monde où les réseaux sociaux et les technologies numériques connaissent un essor fulgurant, Tiékoura Hugues a posé une question fondamentale : comment la population ivoirienne perçoit-elle les fausses informations diffusées dans le paysage politique ? De cette interrogation principale découlaient d’autres pistes de réflexion, notamment sur l’origine de ces messages trompeurs et leurs répercussions sur la vie des citoyens.
Pour y répondre, le chercheur s’est appuyé sur deux grands piliers théoriques que sont la théorie de la réception (née dans les années 1960-1970 en Allemagne), qui explique que chacun interprète l’information à travers le prisme de son vécu, de son environnement social et de ses convictions et la théorie des rumeurs (des chercheurs Hartford et Bosman, 1947), qui décortique la circulation des informations non vérifiées en période d’incertitude, comme lors de crises ou de campagnes électorales.
Afin d’obtenir une vision complète et nuancée, l’étude a combiné différentes méthodes, une phase quantitative, avec la distribution de questionnaires auprès d’un large échantillon de 480 personnes et une phase qualitative, basée sur des entretiens approfondis avec des personnes clés.
Les découvertes sont claires et parlent d’elles-mêmes. Facebook se positionne comme la principale source de propagation des fake news, suivi de près par les médias en ligne et les influenceurs. Sur les personnes interrogées, 207 ont pointé du doigt les réseaux sociaux comme vecteurs principaux, tandis que 123 ont désigné les influenceurs, 60 les militants politiques, 51 les citoyens ordinaires, et 39 ont avoué ne pas savoir. Un pourcentage frappant de 89 % des participants estime que les fausses nouvelles ont des effets délétères sur la population, minant la confiance envers la presse établie et les autorités politiques.
Un exemple concret et poignant a été évoqué : la diffusion, en 2021, d’une image de violences policières en Côte d’Ivoire, présentée à tort comme une répression contre des Ivoiriens au Niger. Cette manipulation a malheureusement provoqué des réactions hostiles envers les Nigériens vivant en Côte d’Ivoire. « C’est une preuve éclatante de l’impact négatif de la diffusion des fake news », a souligné le jeune docteur. D’autres captures présentant des informations qualifiées de fake annonçant la mort de certains leaders et hommes politiques en Côte d’Ivoire et qui sont encore en vie.
Après trois heures et demie d’échanges intenses, le jury, sous la houlette du Professeur Koné Tahirou, a prononcé son verdict. Tout en prodiguant quelques conseils pour affiner certains aspects, enrichir sa documentation et clarifier davantage son sujet, les membres ont unanimement reconnu la robustesse de son cadre conceptuel, la diligence et la profondeur de ses investigations, la pertinence universelle et la portée transfrontalière de son thème et l’aisance et la maîtrise du candidat face à ses travaux.
« En conséquence de tout ce qui est présenté, le jury, à l’unanimité, accepte votre travail et vous élève au titre de docteur de l’Université Félix-Houphouët-Boigny, discipline Sciences de l’information et de la communication, spécialité Communication politique et des organisations, avec la mention très honorable », a déclaré le président, sous une salve de chauds applaudissements. Parents, amis, connaissances et doctorants de la promotion du nouveau docteur ont ainsi célébré cette réussite académique.

Les soutenances de thèse se poursuivront à l’École doctorale de Bingerville tout au long du mois de juin et jusqu’en août 2026. Une période prometteuse pour les débats académiques et les nouvelles avancées, enrichissant ainsi la communauté universitaire ivoirienne.
MÉITÉ Aboubakar