COTE D’IVOIRE/SPECTACLE DE DANSE ET DE SLAM AU YELAM’S A TREICHVILLE : 70 ELEVES EMBALLENT LE PUBLIC
Le temps maussade du samedi 13 juin 2026, n’a pas empêché les parents d’accompagner leurs enfants, au spectacle de danse et slam intitulé « Mots des Maux » qui s’est produit, à la salle de Yelam’s à Treichville. Les 70 élèves sélectionnés de cinq établissements scolaires d’Abidjan ont tellement bien appris leurs leçons de danse qu’ils l’ont produit en 10 tableaux.
Leurs parents et les invités les ont applaudis à tout rompre. Avec par moment du spectacle le rire du public. L’initiateur du projet Fine Jacques-Olivier enseignant et artiste a été assisté de Gaudillat Blondine, chorégraphe et danseuse ainsi qu’Ahou Super chorégraphe.
Des enfants enchaînés, opprimés, enfermés qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer sont libérés sur le chemin par la parole et l’écriture grâce Yemaya, le déesse afro cubaine. Yemaya leur montre comment danser, apprendre à s’intérioriser et s’exprimer. Ensuite les enfants s’adonnent aux jeux. Et ils apprennent l’écriture et découvrent les mots et leurs pouvoirs.
Enfin arrive la période de leur épanouissement et l’harmonie entre eux. Ils font, en outre la découverte du slam. Tout ceci dans un décor haut en couleurs avec les vêtements adaptés à chaque étape de leur progression. Avant la prestation des enfants, l’artiste Reine Ablaa a donné le ton. Elle a ébloui la salle.
Pour Fine Jacques-Olivier, le projet est né d’une conviction profonde. « Chaque enfant porte en lui une histoire, des émotions, des questionnements, des rêves, mais aussi parfois des blessures invisibles. Pourtant, chacun possède également une formidable capacité de résilience, de créativité et d’espoir.
Une aventure aussi ambitieuse n’aurait pu voir le jour sans la confiance des établissements scolaires qui ont accepté d’ouvrir leurs portes à une démarche artistique et humaine portée par deux passionnés », a-t-il dit. Et de poursuivre : « À travers la danse, le slam, l’écriture et le dialogue, les enfants ont été invités à explorer leurs émotions, à raconter leurs expériences et à découvrir la force de leur propre voix. Mais notre ambition allait bien au-delà de la création artistique. Nous voulions offrir à ces enfants l’opportunité de se rencontrer, de se découvrir et de grandir ensemble ».
Selon Fine Jacques-Olivier, il s’agit de transmettre aux enfants des valeurs essentielles à savoir la courtoisie, la bienveillance, le respect, la responsabilité, l’empathie, l’engagement, le dépassement de soi et la résilience.
Zara Youness, une parente d’élève (8 ans) a trouvé le spectacle magnifique et extraordinaire avec beaucoup d’émotions. Elle dit attendre avec impatience l’édition 2027 du projet.
Rendre le projet international en 2027
Fine Jacques-Olivier envisage, effectivement en 2027, de rendre le projet international en associant la France, les Etats Unis, et la Kenya. Mais il a besoin de personnes qui croient en le projet comme celles qui ont apporté leur soutien à l’édition 2026 de l’initiative.
C’est en cela que Gaudillat Blondine estime qu’il faut assez de moyens financiers et matériel pour y parvenir. La chorégraphe a rappelé que cela fait plusieurs années que Fine Jacques-Olivier mûri le projet à savoir apprendre aux enfants à s’exprimer à travers l’art.
« Mots des Maux » a insisté Blondine Gaudillat, est un espace où l’on apprend à mettre des mots sur ses émotions, à transformer ses peurs en courage, ses doutes en force et ses blessures en messages d’espoir. « À travers le mouvement du corps et la puissance de la parole, ces enfants nous rappellent que l’art peut être un refuge, un langage universel et un chemin vers une meilleure compréhension de soi et des autres. Ce spectacle est aussi un rappel précieux : derrière chaque sourire, chaque regard et chaque silence se cache une histoire qui mérite d’être entendue », a-t-elle argumenté.

Et de conclure : « Lorsque nous donnons à un enfant l’opportunité de s’exprimer, nous lui offrons bien plus qu’une scène. Nous lui donnons la possibilité de se construire, de s’épanouir et de croire en son potentiel ».
C’est Ahou Super qui a sillonné les différents établissements ( André Malraux, Groupe scolaire Fred et Poppée, le lycée moderne de Koumassi, Sévigné et l’AIFCI d’Anoumanbo) pour élaborer et structurer ce spectacle par, entre autres, la sélection des élèves.
Olivia Durand