22/10/2026
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CÔTE D’IVOIRE/PLUS DE QUATRE MOIS APRÈS LEUR DÉGUERPISSEMENT : LES VICTIMES DE VRIDI 3-ZIMBABWE RÉCLAMENT RÉPARATION

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Saidou Traoré, 3è à partir de la droite, demande le recensement des victimes

Plus de quatre mois après le début des opérations de démolition à Vridi 3, communément appelé Zimbabwe, les populations déguerpies continuent de réclamer la prise en compte de leurs préjudices. Réunies au sein d’un collectif, elles ont appelé les autorités à ouvrir un dialogue et à mettre en place des mesures d’accompagnement en faveur des personnes affectées.

 

Le Collectif des déguerpis de Vridi 3-Zimbabwe a donné de la voix. Dimanche 4 octobre 2026, face à l’ex-centre de santé communautaire, sur le site qui abritait leurs habitations, les représentants des populations déguerpies ont animé une conférence de presse pour exposer leurs difficultés et formuler plusieurs doléances à l’endroit des autorités.

 

Cette sortie intervient après que le collectif a pris connaissance de la vidéo de la conférence de presse animée le 14 avril dernier par le gouverneur du District autonome d’Abidjan, Cissé Bacongo, consacrée au bilan des actions menées en 2025 et aux perspectives pour 2026.

Face à la situation vécue par les habitants de Vridi 3-Zimbabwe, le président du collectif, Saïdou Traoré, a plaidé pour l’ouverture d’un cadre de dialogue avec les autorités compétentes. Il a également demandé la reconnaissance et l’identification des personnes effectivement affectées, l’examen des préjudices subis ainsi que la recherche de solutions concrètes pour les victimes.

 

Des mesures d’accompagnement réclamées

 

Pour les déguerpis, l’enjeu est désormais de trouver des réponses adaptées à la situation des familles qui ont perdu leurs habitations, leurs biens et, pour certaines, leurs moyens de subsistance.

 

« Nous demandons que des mesures d’accompagnement, de relogement ou toute autre solution appropriée puissent être examinées en faveur des personnes effectivement affectées, en tenant compte de leur situation et de leur vulnérabilité », a déclaré Saïdou Traoré.

 

Le président du collectif insiste également sur la nécessité de documenter les pertes enregistrées par les familles. « Nous demandons que les pertes et préjudices subis par les familles concernées soient documentés et examinés, notamment les pertes d’habitations, de biens et de moyens de subsistance », a-t-il ajouté.

 

Le collectif souhaite ainsi la mise en place d’un cadre de concertation réunissant les représentants des populations déguerpies et les autorités compétentes. L’objectif serait d’examiner de manière constructive la situation des victimes et d’identifier les solutions envisageables.

 

789 personnes recensées par le collectif

 

Pour donner une idée de l’ampleur de la situation, le collectif affirme avoir procédé lui-même à un recensement des personnes affectées, complété par des inscriptions effectuées à distance. Au total, 789 personnes auraient été enregistrées, dont 289 propriétaires et 500 locataires.

 

Au-delà de la question du dédommagement, les responsables du collectif mettent également l’accent sur le respect de la dignité des personnes déguerpies.

 

« Nous demandons que les populations déguerpies soient traitées avec respect et dignité et que leurs préoccupations puissent être exprimées librement, dans le respect des lois et des institutions de la République », a recommandé Saïdou Traoré.

 

Le président du collectif a par ailleurs tenu à préciser que la démarche engagée par les victimes ne vise pas à créer un affrontement avec les pouvoirs publics. « L’objectif du collectif n’est pas de désigner des ennemis », a-t-il expliqué, mais de défendre les intérêts des personnes affectées dans le respect de la République et de la dignité humaine.

 

Les démolitions ont débuté le 2 juin

 

À Vridi 3-Zimbabwe, les opérations de démolition ont débuté le 2 juin 2026. L’Agence ivoirienne de presse (AIP) avait alors rapporté la présence d’engins de démolition sur le site ainsi que le déplacement des biens appartenant aux habitants.

Le District autonome d’Abidjan avait justifié cette opération par la nécessité de protéger les populations vivant dans une zone considérée comme présentant des risques sanitaires et environnementaux, particulièrement en période de pluies. L’institution avait également indiqué que des actions de sensibilisation avaient précédé les opérations.

 

Plus de quatre mois après le début des démolitions, les déguerpis de Vridi 3-Zimbabwe souhaitent désormais que leur situation fasse l’objet d’un examen approfondi. À travers leurs revendications, ils demandent aux autorités de prendre en compte les pertes subies, d’identifier les personnes réellement affectées et d’envisager des mesures de relogement, d’accompagnement ou de réparation.

 

Le collectif dit ainsi privilégier le dialogue et la recherche de solutions, tout en appelant les autorités à répondre aux préoccupations des familles qui, depuis leur déguerpissement, disent attendre des mesures concrètes.

 

Salifou Koné

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